
Corps et âme
Comme un arbre, dont les racines plongent aux coeurs des continents et dont les branches portent loin leurs généreux fruits.
Regarder danser Oumaya c’est cultiver le mystère de l’éternel
recommencement.
Sous sa chevelure de feu, la volupté de ses tremblements, la rondeur de ses
déhanchements, la grâce de ses déplacements ne sont que des invitations aux
voyages.
Voyage en Orient mais aussi aventures intérieures, parcours initiatique, paysages d’inconscient.
A ses cours, les danses traditionnelles d’Egypte passent par
les images choisies: « vous êtes comme ces paysannes qui vont puiser l’eau dans
le désert, lourdes, lentes mais femmes. »
Le Libanais Khalil Gibran aurait pu écrire d’elle :
« l’âme du philosophe veille dans sa tête. L’âme du poète vole dans son cœur. L’âme du chanteur vibre dans sa gorge. Mais l’âme de la danseuse vit dans son corps entier. »
Pour Oumaya, la danse naît du partage et du voyage.
« Quand toutes dessinent un cercle dans le même rythme, dans
le même sens. C’est merveilleux ! » s’extasie le professeur. Danser et
apprivoiser l’espace s’inscrit d’ailleurs dans ses priorités de nomade
incorrigible.
Avant de choisir de se donner corps et âme à la danse orientale, elle a exploré d’autres mondes, du Maroc à l’Inde en quête du Graal,
parcouru, à la recherche de sa voie, d’autres univers de la confection de bijoux
à la psychothérapie, essayé d’autres expériences des claquettes aux danses
folkloriques ! La danseuse s’est façonnée lentement auprès de professeurs ici et dans chaque pays découvert, aussi auprès de professeurs étrangers rencontrés au cours de
nombreux stages :
(M Reda,H.Kalil,G.seif,Shahrazad,Diana,ottilie,rajaa,salomé,et d'autres inconnus…)
Oum Khaltoum faisait depuis si longtemps vibrer son cœur.
L’inégalable chanteuse fait désormais partie intégrantes de sa vie. Et de son
nom aussi : « Oumaya. Le nom m’est venu un jour. C’est la synthèse entre
l’Orient et l’Inde. En sanscrit, oum s’apparente à la syllabe sacrée de la
médiation et à maya qui veut dire illusion. En arabe c’est la mère et la
communauté »
Comme les oranges gorgées du soleil d’Orient, Oumaya offre à ceux qui savent
recevoir autant de promesses de délectation inoubliable.
Nejme août 2003.